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Jeudi Saint – 13 Avril

Une messe très pieuse dans la petite chapelle que j'aime bien et puis l'office chez les Bénédictins, L'office est très beau, chanté par tous ces hommes recueillis et se termine par la procession jusqu'à la petite chapelle intérieure où le Saint Sacrement est exposé. C'est la grande liturgie bénédictine, si calme.

Je pars ensuite assister à la fin de l'office à St Jean de Latran. Ici l'atmosphère est moins pieuse, tout le monde s'agite, parle, se bouscule, assiège les confessionnaux des grands Pénitenciers. Le défilé des vieux cardinaux, véritables caricatures, aux manteaux de petits gris est particulièrement comique. Pendant qu'ils clopinent jusqu'à l'autel du Saint Sacrement, les Petits chanteurs exécutent ces chants qui commencent et finissent, on ne sait par quelle magie.

L'après midi, je visite quelques reposoirs en forme de croix de fleurs et de petites lampes le plus souvent et entourés d'une profusion de fleurs qui répandent un parfum violent, un peu grisant. Celui-ci se mêle à celui de la foule italienne, qui est inoubliable. Des femmes, leur mouchoir propre ou sale sur la tête, trainant après elle des bandes d'enfants déguenillés s'agenouillent, pleurent, envoient des baisers et se relèvent pour passer dans une autre église. Beaucoup d'hommes aussi. Cette dévotion italienne est bien curieuse, mais si touchante. A la Minerve, j'assiste à la cérémonie du lavage des autels ; plusieurs prêtres et diacres épongent les autels en récitant certaines prières. De là, je vais entendre chanter l'office à St Pierre. J'essaie bravement de me mêler à la foule pour recevoir le coup de baguette du grand Pénitencier mais après une demi heure d'attente et force bourrades du gendarme de service, je suis obligée d'y renoncer.



Dr. Radut | page