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Samedi Saint 15 Avril 1933

Nous assistons encore ce matin à l'office chez les Bénédictins. La joie liturgique éclate splendide pendant la Bénédiction du feu, célébrée à la porte de l'église, la louange du cierge pascal, la lecture des prophéties. Le son des cloches au moment du Gloria, les Alleluia marquent l'allégresse de l'Église au sortir du long deuil du Carême. J'assiste ensuite à la fin de la Messe dans la petite église russe.

Nous partons après déjeuner sur la Via Appia. Le car nous conduit au tombeau de Cecilia Metella que nous visitons. Le Moyen Age a transformé cette tombe d'une grande famille romaine en une sorte de château fort à créneaux. A l'intérieur se trouvent de nombreux vestiges de bas reliefs et des statues. Le temps est splendide et le ciel d'un bleu sans nuages : nous suivons un moment cette magnifique voie romaine bordée de cyprès et de tombeaux : au loin les monts de la Sabine, tout bleus. Je pense aux siècles écoulés et à tous ces morts qui reposent sous le chaud soleil...

Nous visitons les Catacombes de St Calixte, les plus grandes et les plus belles : dans une petite chapelle se trouve la statue de Ste Cécile de Maderna, qui semble plus émouvante dans ce lieu consacré. Les Catacombes sont bordées de tombes superposées et de temps à autre se trouve une chapelle creusée dans la terre : chapelle papale, chapelle de Lucine …

Sur notre route nous trouvons la modeste église du Domine quo Vadis construite à l'endroit où le Christ apparut à St Pierre qui quittait Rome. L'ancienne Via Appia dallée d'énormes pierres de taille traverse l'Eglise. L'empreinte du pied du Christ est profondément marquée dans la pierre – que de souvenirs et comme la critique est impuissante devant le parfum mystique de ces poétiques croyances !

La porte St Sébastien termine la Via Appia et les antiques remparts de Rome sur lesquels grimpent des herbes folles, se dressent devant nous. Nous les longeons pour rentrer dans Rome par la Porte Latine. Tout près, nous trouvons la minuscule chapelle de St Jean dans l'huile qui rappelle le miracle de St Jean sorti sain et sauf de l'huile bouillante. La chapelle est française et on lit sur la porte une inscription en français. Un grand jardin, frais et parfumé, longe les remparts de la ville ; ici sont enterrés les Scipion. Non loin de là se trouve l'Église de St Jean Porte Latine. Il faut s'adresser au tour du couvent pour pouvoir y pénétrer. Pauvre et simple petite église, située dans un coin de campagne tout fleuri. Devant l'Église un délicieux vieux puits et un gros pin au tronc contourné. Le vieux portique semble tout branlant, tout chenu. L'intérieur de l'Église est repeint malheureusement. Mais l'impression d'ensemble reste délicieuse.

Une grande route ombragée nous conduit jusqu'à St Césaire qui contient de très jolies mosaïques, puis nous ramène dans le grand parc qui longe le Palatin.



Dr. Radut | page