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Lundi 17 Avril 1933

Ce matin, j’ai assisté pour la seconde fois à la Messe célébrée aux Catacombes par M. Chéramy. Puis nous sommes allées revoir les musées du Capitole. En descendant au Forum nous entrons à St Côme et Damien et nous terminons notre matinée par la visite du musée Antique où j’admire de superbes mosaïques.

Par un soleil brûlant, nous partons à deux heures pour St Paul. Un taxi nous conduit à la gare d’Ostie, noire de monde. La bousculade au guichet est intraduisible ; en passant sur le quai un gendarme m’arrête, m’emmène, m’examine puis me rend la liberté ! Charmant pays ! Le train bondé nous conduit jusqu’à Ostie Lido sans s’arrêter à Ostie Antique. Il nous faut faire trois kilomètres à pied, sous un soleil ardent, sur une route plate et sans arbres. Ostie Antique nous récompense de nos fatigues. Sous une délicieuse lumière, nous parcourons ces ruines d’une petite ville romaine, bien conservée encore et qui peut donner une idée très exacte de l’activité d’un peuple de commerçants, da marins, et de riches patriciens. Les rues, encore pavées de ces magnifiques dalles romaines qui défient les siècles portent des noms pittoresque et évocateurs : rue des Foulons, rue des Thermes … Nous visitons en détail ces petites maisons, ces boutiques serrées les unes contre les autres, les majestueux temples aux multiples salles dont les colonnes se dressent encore, le théâtre Marcellus conservé et restauré de telle sorte qu’il semble encore presque neuf : la foule pourrait venir applaudir sur ces gradins les histrions et les pantomimes romaines. Plus loin, une grande caserne en ruines, puis les stades pour les jeux, la palestre et les thermes. Partout de magnifiques mosaïques qui ornent le plancher de ces demeures luxueuses, des fragments de colonne, des restes de marbre.
Cette ville est construite de façon étonnante, en pierres de taille ou en briques adroitement encastrées et taillées en losange, ou simplement en blocs de pierre énormes posées l’un sur l’autre et se soutenant par leur propre poids, çà et là nous déchiffrons quelques inscriptions païennes ou chrétiennes. Et l’on revoit les patriciens en toge puis St Augustin et Ste Monique … Une plaque en marbre rappelle la mort de celle-ci.
Et sur toutes ces ruines, sur cette ville morte, des herbes folles et de délicieuses roses thé, des cyprès et des pins sous un ciel bleu clair et comme fond de tableau les monts de la Sabine au loin, bleu foncé et toute la sévère campagne romaine …



Dr. Radut | page